{"id":214,"date":"2025-05-31T15:11:17","date_gmt":"2025-05-31T13:11:17","guid":{"rendered":"https:\/\/thibaudflury.fr\/?page_id=214"},"modified":"2025-06-05T21:31:47","modified_gmt":"2025-06-05T19:31:47","slug":"17-h-55-un-paradis-a-conquerir","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/thibaudflury.fr\/?page_id=214","title":{"rendered":"17\u00a0h\u00a055. Un paradis \u00e0 conqu\u00e9rir"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"214\" class=\"elementor elementor-214\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-4b7429a2 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"4b7429a2\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-fba4de6 e-con-full e-flex e-con e-child\" data-id=\"fba4de6\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-1d54613 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"1d54613\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h1 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">17\u00a0h\u00a055. Un paradis \u00e0 conqu\u00e9rir<\/h1>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2e768a2a elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2e768a2a\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Que pensait le premier homme, assis dans une fus\u00e9e, en attendant le compte \u00e0 rebours\u00a0? Je ne peux qu\u2019imaginer sa concentration extr\u00eame. Apr\u00e8s des mois d\u2019une pr\u00e9paration physique et mentale d\u00e9mesur\u00e9e, il devait se sentir pr\u00eat. Ou peut-\u00eatre pas. Restait-il de la place pour le doute, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, la peur\u00a0?<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Cet homme n\u2019a pas grand-chose \u00e0 voir avec moi. Je n\u2019ai pas pr\u00e9vu d\u2019aller dans l\u2019espace, et je ne suis pas scrut\u00e9 par l\u2019humanit\u00e9 tout enti\u00e8re. \u00c0 vrai dire, l\u2019humanit\u00e9 s\u2019en fiche un peu de mon nombril\u00a0; personne n\u2019associera ce 30\u00a0ao\u00fbt 2024 \u00e0 mon patronyme. Et pourtant, d\u2019ici une poign\u00e9e de minutes, je m\u2019appr\u00eate \u00e0 explorer de nouveaux sentiers, d\u00e9couvrir de nouvelles vies, d\u2019autres pays, et au m\u00e9pris du danger, avancer vers l\u2019inconnu.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Au lieu de profiter de mon lit douillet, j\u2019ai d\u00fb prendre la route au petit matin, en direction de <i>Chamonix<\/i>. Pour un moineau, la capitale de l\u2019alpinisme se niche \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres de ma modeste chaumi\u00e8re. Je ne pratique pas le vol d\u2019oiseau et les ing\u00e9nieurs des ponts et chauss\u00e9es persistent \u00e0 tracer quantit\u00e9 de virages pour traverser les montagnes. J\u2019ai donc conduit pendant deux heures pour me rendre sur place. Ou presque. Automobiliste, passe ton chemin et retourne dans tes villes pollu\u00e9es. La vall\u00e9e chamoniarde est condamn\u00e9e pour ce dernier week-end du mois d\u2019ao\u00fbt. Premier arr\u00eat \u00e0 <i>Saint-Gervais<\/i>, o\u00f9 j\u2019avais d\u00e9nich\u00e9 un petit h\u00f4tel pour loger mes supportrices. Les bagages d\u00e9pos\u00e9s, j\u2019ai termin\u00e9 mon p\u00e9riple en train. J\u2019imagine bien l\u2019avantage pour la circulation locale et pour la plan\u00e8te, tant pis pour la grasse matin\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Une foule de sportifs et de curieux se massait en ville, tous r\u00e9unis pour la grand-messe du trail. Tout un village \u00e9ph\u00e9m\u00e8re s\u2019\u00e9tait install\u00e9 au centre-ville, consacr\u00e9 \u00e0 la pratique des sports de montagne. Des champions de la discipline signaient des autographes, les marchands du temple en profitaient pour faire briller les yeux des coureurs et soulager leurs bourses trop remplies. Les marques proposaient mille animations pour divertir les coureurs\u2026 ou canaliser l\u2019\u00e9nergie de ma fille hyperactive.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Pour l\u2019heure, mon souci consistait \u00e0 trouver mon chemin et n\u00e9gocier un passage \u00e0 travers la foule pour aller r\u00e9cup\u00e9rer mon dossard. J\u2019ai surmont\u00e9 cette premi\u00e8re \u00e9preuve sans difficult\u00e9 majeure pour arriver dans un gymnase d\u00e9sert. Je papote avec les h\u00f4tesses, ravies d\u2019avoir l\u2019occasion de discuter un peu en fran\u00e7ais. La ville devenue le centre de la plan\u00e8te Trail, toutes les nations s\u2019y retrouvent le temps d\u2019une semaine. Je c\u00e8de \u00e0 la tradition de la photo officielle\u00a0; j\u2019essaie de sourire\u00a0; rat\u00e9. Avec mon pr\u00e9cieux dossard \u00e0 la main, je ressemble \u00e0 un criminel qui se serait fait tirer le portrait pour la photographie d\u2019identit\u00e9 judiciaire. Me voil\u00e0 r\u00e9duit \u00e0 un num\u00e9ro, bienvenue en enfer, <i>2233<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Le temps de v\u00e9rifier le mat\u00e9riel obligatoire, je suis par\u00e9. L\u2019horloge annonce la mi-journ\u00e9e. Je dois patienter pendant six longues heures en ville. Le bon moment pour faire un hold-up sur un stock de calories. J\u2019aurai besoin de r\u00e9serves de gras et de sucre pendant les jours \u00e0 venir. Pas si simple lorsque l\u2019on essaie d\u2019optimiser tous les param\u00e8tres. Je dois \u00e9viter le gluten pour ne pas fragiliser mes parois intestinales. Adieu les burgers, les p\u00e2tes et autres p\u00e2tisseries\u2009! Je ne dois pas manger trop lourd pour ne pas fatiguer mon tube digestif. J\u2019oublie la viande en sauce. Sans oublier la r\u00e8gle d\u2019or, \u00e9viter absolument les fibres. Je ne veux pas filer au petit coin d\u00e8s les premi\u00e8res minutes de la course, \u00e7a ferait mauvais genre. Les fruits et l\u00e9gumes n\u2019auront pas droit de cit\u00e9 pour ce dernier repas, surtout crus. Je ne regretterai pas trop les crudit\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Pour r\u00e9sumer, l\u2019alimentation avant une \u00e9preuve d\u2019endurance tient plus du casse-t\u00eate que de la gastronomie. Le c\u00f4t\u00e9 plaisir s\u2019est fait la malle avec ma gourmandise. Je retrouve ma gentille maman et nous partons \u00e0 la recherche d\u2019un d\u00e9jeuner improbable. Apr\u00e8s avoir d\u00e9ambul\u00e9 et examin\u00e9 chaque carte des menus, nous d\u00e9nichons un restaurant beaucoup trop hupp\u00e9 pour nos petites \u00e9conomies. Je n\u2019en suis plus \u00e0 quelques euros pr\u00e8s. J\u2019ai choisi un morceau de volaille, une poule de luxe au vu des tarifs pratiqu\u00e9s. D\u2019ailleurs, sur le menu, ils avaient not\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e9cras\u00e9 de pomme de terre\u00a0\u00bb comme accompagnement. Infiniment plus classe qu\u2019une simple pur\u00e9e. On aura pass\u00e9 un bon moment sur cette terrasse ensoleill\u00e9e, face au <i>Mont-Blanc<\/i>. J\u2019ai savour\u00e9 chacune des minutes de ce dernier repas du condamn\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Il restait encore \u00e0 occuper l\u2019apr\u00e8s-midi. Claquer le reste de mon <i>P.E.L<\/i> dans les stands des marques sportives me semblait une chouette id\u00e9e. H\u00e9las, pass\u00e9 la mi-journ\u00e9e, les \u00e9choppes du village \u00e9ph\u00e9m\u00e8re se sont mises \u00e0 fermer les unes apr\u00e8s les autres. J\u2019apprendrai plus tard que la voirie devait nettoyer la place, en pr\u00e9vision du march\u00e9 du samedi matin. Une bonne chose pour mon porte-monnaie,\u00a0mais pas de quoi nourrir le fauve de mon impatience. Nous avons donc fl\u00e2n\u00e9 dans les rues de <i>Chamonix<\/i>. Sans but pr\u00e9cis, \u00e0 part meubler quelques heures et fatiguer mes jambes. Les heures passaient et nous nous rapprochions de la zone de d\u00e9part. La foule se faisait plus compacte. Tout comme moi, les gens autour de nous arboraient un num\u00e9ro sur la poitrine. Aucun doute, nous arrivions au bon endroit. Par miracle, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 nous faire une petite place sur les marches de l\u2019\u00e9glise qui surplombait la zone de d\u00e9part. Je me suis assis pour \u00e9conomiser mes pauvres guibolles avant la torture des heures \u00e0 venir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">En regardant la zone de d\u00e9part, je devinais la frange r\u00e9serv\u00e9e aux \u00e9lites, tous ces athl\u00e8tes que je n\u2019aurai pas la chance de croiser pendant l\u2019\u00e9preuve. Juste derri\u00e8re, la pl\u00e8be des coureurs lambda et anonymes, ma famille. Je ne ressens aucune envie d\u2019aller jouer des coudes pour aller jouer sur le devant. Je pr\u00e9f\u00e8re attendre ici. Je m\u2019attendais \u00e0 trouver un corridor d\u00e9limit\u00e9 par des barri\u00e8res de chantier, du rubalise \u00e0 gogo. Rien de tout cela. Juste une grande f\u00eate o\u00f9 nous sommes tous \u00e9gaux, les coureurs et leurs proches. \u00c0 force de vivre ces ann\u00e9es de peur, o\u00f9 les m\u00e9dias agitent sans cesse les \u00e9pouvantails du terrorisme ou d\u2019un m\u00e9chant virus. J\u2019avais perdu cette habitude de la fraternit\u00e9. Partager ces derniers instants avec mes proches me fait du bien. Je laisse volontiers le cosmonaute \u00e0 sa fus\u00e9e, je pr\u00e9f\u00e8re la compagnie de mes fr\u00e8res humains.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Je m\u2019accorde quelques instants pour faire le point. C\u00f4t\u00e9 physique, je ne tiens pas la forme du si\u00e8cle. J\u2019en remercie mon mauvais sommeil. Mes blessures du d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e n\u2019ont pas gu\u00e9ri. Pour l\u2019heure, elles se tiennent tranquilles, aucune douleur notable \u00e0 signaler. Je sais que je n\u2019ai pas cumul\u00e9 suffisamment d\u2019entra\u00eenement pour me pr\u00e9tendre pr\u00eat. Au diable la raison qui me recommandait la voie de la sagesse, demander un remboursement de ce tr\u00e8s cher dossard. Au diable les ambitions de performance. L\u2019ego ne se cache jamais tr\u00e8s loin dans cette histoire, en compagnie de son copain, l\u2019orgueil.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Sur le volet mental, je m\u2019attendais \u00e0 \u00e9prouver de la peur. Elle ne s\u2019est pas invit\u00e9e \u00e0 la f\u00eate. Dans ma caboche se disputent l\u2019impatience et l\u2019envie. Qu\u2019elles me semblent longues, les cinq derni\u00e8res minutes sur la place du triangle de l\u2019amiti\u00e9\u00a0! Plus longues que cet apr\u00e8s-midi pass\u00e9 dans les rues de <i>Chamonix<\/i>. Le temps se dilate \u00e0 mesure que l\u2019\u00e9ch\u00e9ance approche. J\u2019attends ce moment depuis six mois, la moiti\u00e9 d\u2019une ann\u00e9e pass\u00e9e \u00e0 m\u2019entra\u00eener, me pr\u00e9parer. Plus que cela, je r\u00eave de prendre ce d\u00e9part depuis mes premi\u00e8res courses. Cinq ann\u00e9es d\u2019aventure apr\u00e8s un pari stupide. Par centaines, les jours ont fait fondre ma graisse et dissoudre la carapace de l\u2019impensable pour r\u00e9v\u00e9ler un \u00ab\u00a0pourquoi pas\u00a0\u00bb. Pourquoi pas participer \u00e0 la comp\u00e9tition de <i>trail<\/i> la plus prestigieuse au monde\u00a0? Non pas pour jouer avec les meilleurs ou loucher sur un quelconque podium. Cinq ans de pratique parmi les v\u00e9t\u00e9rans ne rattraperont pas une enfance devant les jeux vid\u00e9o ni une g\u00e9n\u00e9tique banale. Je suis juste venu pour courir et r\u00eaver sur les plus beaux sentiers de <i>France<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Je suis l\u00e0, et l\u2019impatience ne fait que masquer l\u2019envie. Presque trois mille personnes autour de moi nourrissent le m\u00eame r\u00eave. Le discours de <i>Ludovic Collet<\/i> galvanise la foule des coureurs, je me laisserais presque aller \u00e0 verser ma petite larme. Les t\u00e9l\u00e9phones portables sont de sortie. Moi aussi, j\u2019aurais envie de tout filmer, de tout enregistrer dans la m\u00e9moire num\u00e9rique de ce gadget.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Mais non\u00a0!<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Je range la saloperie \u00e9lectronique qui g\u00e2che nos vies. Je veux \u00eatre ici et maintenant, graver dans les replis de mon cortex ce moment unique. Le discours se termine\u00a0; je ferme les yeux\u00a0; savoure cette minute de silence. Je ne sais pas si je me tiendrais l\u00e0 dans deux jours, arriv\u00e9 au bout de moi-m\u00eame. Alors, je profite de l\u2019instant.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Les voil\u00e0\u00a0! Les premi\u00e8res notes de <i>Vangelis<\/i> inondent la place. Les cordes, les bois, et les cuivres s\u2019installent. Et voil\u00e0 les ch\u0153urs qui r\u00e9sonnent et scandent \u00ab\u00a0mmm\u00a0mmm mmm\u00a0\u00bb. Je frissonne en d\u00e9pit des 26\u00a0degr\u00e9s. L\u2019horloge sous l\u2019arche de d\u00e9part annonce 18\u00a0h, mon impatience a disparu par magie. Je me retourne pour profiter une derni\u00e8re fois de mes proches. Ma m\u00e8re, mon \u00e9pouse et ma fille m\u2019accompagnent. Les trois parques de la mythologie, r\u00e9unies pour me soutenir. Un dernier bisou avant d\u2019entrer dans l\u2019ar\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">L\u2019attente s\u2019\u00e9ternise, tout comme le refrain de <i>Vangelis<\/i>. Malgr\u00e9 tout, les coureurs s\u2019avancent. Comme si d\u00e9j\u00e0 ils voulaient gagner quelques places. Je laisse aller. Je sais bien que je me trouve parmi les derniers. Je n\u2019aime pas la foule\u00a0; j\u2019aurai bien le temps de trouver ma juste place dans le peloton.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Le d\u00e9part est lanc\u00e9. \u00c0 l\u2019arri\u00e8re, rien ne change. La foule dense des athl\u00e8tes avance avec peine. De longues minutes s\u2019\u00e9couleront, \u00e0 pi\u00e9tiner avant d\u2019arriver \u00e0 mon tour sous la grande arche bleue.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">Enfin\u00a0! La ligne de d\u00e9part. Je d\u00e9marre le chrono de ma montre, seul juge de mon d\u00e9fi. Me voil\u00e0 parti.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span style=\"font-family: 'Crimson Pro'; font-size: 18px;\">J\u2019ai un paradis \u00e0 conqu\u00e9rir.<\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>17\u00a0h\u00a055. Un paradis \u00e0 conqu\u00e9rir Que pensait le premier homme, assis dans une fus\u00e9e, en attendant le compte \u00e0 rebours\u00a0? Je ne peux qu\u2019imaginer sa concentration extr\u00eame. Apr\u00e8s des mois d\u2019une pr\u00e9paration physique et mentale d\u00e9mesur\u00e9e, il devait se sentir pr\u00eat. Ou peut-\u00eatre pas. Restait-il de la place pour le doute, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, la peur\u00a0? Cet [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-214","page","type-page","status-publish","hentry","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/214","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=214"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/214\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":305,"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/214\/revisions\/305"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/thibaudflury.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=214"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}